Livret de la messe du 7ème dimanche de Pâques à ND au Sablon, 24 mai 2020

Le court prélude en ré mineur, BWV 539/1 de Johann Sebastian Bach (1685-1750), qui ouvre l’e-livret, fait penser à une Allemande, danse lente en vogue à l’époque baroque « se plaisant dans l’ordre et le calme », comme l’indique Johann Mattheson, un musicographe important contemporain de Bach. Elle est écrite « manualiter » c’est à dire sans l’utilisation de la pédale. Il n’est pas impossible qu’au départ, cette pièce fut pensée pour le clavecin. Benoît Mernier vous en propose une version enregistrée il y a quelques jours à l’église Notre-Dame au Sablon.

Le magnifique choral « Liebster Jesu, wir sind hier » ( « Cher Jésus, nous sommes ici pour entendre ta parole ») de Bach, que vous pouvez entendre après l’homélie par l’organiste Bram Beekman, illustre les mots de l’Évangile: « Les hommes ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé ».

La fugue qui accompagne l’offertoire a d’abord été écrite par Bach pour un autre instrument que l’orgue. Il s’agit du deuxième mouvement de sa sonate pour violon seul BWV 1001. Véritable défi que d’écrire une fugue (forme par nature polyphonique) pour un instrument qui ne joue habituellement qu’une seule voix. Bach en réalise également une version pour le luth et une autre pour l’orgue. Il est étonnant de constater que cette fugue est pourtant l’une des plus « organistiques » de Bach qui, tel un prestidigitateur, parvient à transformer un objet à deux dimensions en un autre à trois, sans que l’on en comprenne l’astuce. Vous en entendez un enregistrement également réalisé par Benoît Mernier.

« J’ai demandé d’habiter la maison du Seigneur, tous les jours de ma vie ». Cet extrait du Psaume de ce jour ne peut être mieux illustré avec cet aria, « Höchster, mache deine Güte », extrait de la Cantate BWV 51, de Bach, une des quatre cantates sacrées que le compositeur ait consacrées à une soprano, sans autres solistes. Avec tendresse et en toute simplicité, Maria Portela Larish et Roland Servais exposent l’amour de Dieu envers ses enfants autant à travers le texte qu’à travers la musique, une sicilienne accompagnée d’un seul continuo.

L’air de sortie est une prière : « Gebet », d’Hugo Wolf, profondément incarnée par la poésie d’Eduard Mörike, célèbre écrivain romantique allemand, et interprétée ici par Clara Inglese et Benoît Mernier. Cette prière invite à la plénitude, qui vient de l’acceptation de ce qui est, puisque cela vient de Dieu. La musique traduit la profonde introspection que nécessite cette quête d’un bonheur intègre, celui qui ne se trouve du côté des extrêmes, mais plutôt dans la recherche constante d’un équilibre, avec la promesse de goûter à la vraie simplicité.

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