Livret de la messe du 6ème dimanche de Pâques à ND au Sablon

L’oeuvre qui ouvre l’e-livret de ce week-end est signée Girolamo Frescobaldi, qui fut organiste à St Pierre de Rome pendant près de 40 ans jusqu’à sa mort en 1643. Ici, il ne s’agit non pas d’une pièce pour orgue, mais bien d’une Toccata pour violon et clavecin. Un théorbe (sorte de grand luth, instrument à cordes pincées) accompagne également le violon dans une très belle version de Rachel Podger.

En lien avec la 2ème lecture « Honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ », la Partita « Sei gegrüsset, Jesu gütig » BWV 768, de Johann Sebastian Bach (1685 – 1750), qu’Arnaud Van De Cauter propose ici, est une action de grâce pour tout ce que la Vie nous donne de beau et de bon, malgré nos souffrances et difficultés. Ces quelques pages sont extraites d’une vaste partita signée par le jeune J.S. Bach. Le choral, joué sur les « fonds » de l’orgue, introduit deux variations choisies parmi toutes celles que cette oeuvre comporte. en ces temps d’épreuve collective pour notre humanité et notre planète, puissent ces quelques minutes de musique, interprétées ici sur des registrations flûtées et légères vous apporter un peu de lumière, d’espoir et de fraîcheur.

Avec « Vater unser im Himmelreich » BuxWV 219, c’est un magnifique choral de Dietrich Buxtehude (1637-1707) sur le thème du Notre-Père, dans une interprétation de Benoît Mernier. En 1539, Luther avait adapté le texte traditionnel latin et l’avait placé sur une mélodie allemande très ancienne. Dietrich Buxtehude traite à son tour ce cantique de façon très sensible et inspirée. Entrecoupée d’un court prélude polyphonique, chaque phrase du choral est jouée sur un clavier soliste en étant légèrement ornementée par le compositeur, en rapport avec les affects du texte (qui a été placé dans la vidéo en suivant le déroulement de cette mélodie soliste.) On peut mesurer combien cette musique « parle » et « raconte ». On comprend pourquoi le jeune Jean-Sebastien Bach fit le voyage d’Arnstadt à Lübeck (plus de 400 km à pied): Buxtehude avait 68 ans, il était au sommet de son art. Cette rencontre marquante fut telle que les quatre semaines de congé accordées à Bach pour ce voyage de formation devinrent quatre mois. À son retour, il eut à subir les réprimandes du Consistoire d’Arnstadt…

Un extrait de la Kleine Orgelmesse, Hob XXII : 7, de Joseph Haydn, « Benedictus », accompagne le temps de la communion avec la voix céleste de la soprano israélo-suédoise Miriam Sharoni.

Un aria de « La Passion Saint-Matthieu » BWV 244, de Bach, dirigée par Otto Klemperer, clôture cette célébration : « Ich Will dir mein Herze schenken », dans une version particulièrement émouvante d’Elisabeth Schwarzkopf. Sa voix lyrique confère une chaleur toute particulière au répertoire baroque qu’il est fréquent d’interpréter, depuis le XXe siècle, « sur un fil », ou encore avec « une voix blanche » (c’est-à-dire avec le moins de vibrato possible). Ici, l’on savoure la lumière de Bach grâce à la générosité d’une voix pleine, voire même romantique.

Prenez soin de vous !

Bien cordialement,

L’équipe musicale

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