Livret de la messe de l’Ascension à ND au Sablon

Pour une fois, confinement oblige, vous pouvez entendre un extrait d’une des oeuvres majeures d’Olivier Messiaen, L’Ascension,écrite en 1932. En effet, les orgues baroques de l’église du Sablon ne permettent malheureusement pas l’interprétation de ce répertoire. Olivier Messiaen a 24 ans, il écrit 4 Méditations symphoniques pour orchestre qu’il intitule L’Ascension. Chaque mouvement porte un texte biblique en exergue. Il adaptera dans les années qui suivront ces pièces pour son instrument, l’orgue. Il les jouera à l’église Ste Clotilde à Paris en 1935 devant 70 personnes seulement alors que cette oeuvre allait devenir l’une des plus célèbres d’un des plus grands musiciens du XXème siècle, compositeur, mais aussi théologien et … ornithologue.

Après l’homélie et à l’offertoire, vous entendez des extraits de la Sonate du Rosaire de l’Ascension signée Franz Ignaz Biber. Ces sonates du Rosaire illustrent les Mystères sacrés et sont écrites pour violon et basse continue. Elles sont éminemment descriptives et donnent un bel aperçu de ce que les compositeurs à l’époque baroque inventaient comme moyens pour faire voir et ressentir des affects particuliers religieux et profanes sans le recours au texte chanté.

À la communion, l’air de Bach « Auch mit gedämpften, schwachen Stimmen » (« La majesté de Dieu peut aussi s’honorer d’une voix douce et voilée ») laisse entendre une musique douce et tendre, accompagnée par un violon, qui montre combien cette majesté de Dieu peut être vécue de façon intérieure et humble. La partie centrale illustre cette voix venue du Ciel, pleine d’allégresse et d’espoir, qu’incarne dans cette version la soprano Nuria Rial.

L’air de sortie « Wie freudig ist mein Herz » provient de la cantate 199 de J.S. Bach. Il s’agit d’une oeuvre joyeuse écrite sur le modèle de la gigue, une danse utilisée abondamment par les compositeurs à l’époque baroque dans la musique instrumentale. Dans cet enregistrement interprété par la soprano Natalie Dessay, l’air est précédé par un court récitatif. L’allure de l’air est simple, presque populaire. Il met en scène cette joie légère, presque insouciante du chrétien confiant de l’amour de Dieu à son égard.

Prenez soin de vous !

Bien cordialement,

L’équipe musicale