Livret de la messe de la Pentecôte à ND au Sablon

Pour l’entrée, Arnaud Van de Cauter a enregistré pour vous le Veni Creator dans la version de Nicolas de Grigny (1672-1703), qui était organiste à Reims. Vous entendez le thème du plain chant au ténor, « en taille », sur la trompette du pédalier, accompagné par le grand plein jeu de l’orgue. 

En ce jour de fête, nous vous proposons d’entendre la séquence de la Pentecôte Veni Sancte Spiritus, dans une version scandée qui fait référence aux origines populaire de cette célèbre mélodie qui a traversé les siècles jusqu’à nos jours. Elle est interprétée par le chœur d’homme de la Maîtrise de Dijon. 

La Pentecôte célèbre le souffle, qui est aussi la matière première de l’orgue. Les facteurs de ces instruments l’appellent d’ailleurs « le vent », et mesurent sa pression à l’aide d’un dispositif qu’ils nomment « pèse-vent ». Dans un grand orgue, la quantité d’air nécessaire est importante : il est produit par une soufflerie mécanisée, stocké dans des réservoirs puis dirigé vers les tuyaux pour produire ce son constant et monolithique, si caractéristique. Dans un organetto, ici joué par Roland Servais, l’air est produit par une main qui actionne un petit soufflet, ce qui permet à l’organiste d’agir sur le souffle, de côtoyer intimement la matière sonore en se rapprochant de l’expressivité d’un chanteur ou d’un flûtiste, ce qui confère à l’instrument ce caractère hybride si attachant… 

« N’écoutez personne sinon le bruit du vent qui passe et nous raconte l’histoire du monde ». (Claude Debussy)

Toujours sur le même thème du Veni Sancte Spiritus, pour l’offertoire, Arnaud Van de Cauter a enregistré le choral « Komm, Gott Schöpfer, Heiliger Geist » BWV 631. Décalé sur la troisième partie du temps, le rythme de pédale symbolise « l’Esprit-Saint venu remplir le cœur des créatures imparfaites que nous sommes » (d’après Jacques Chailley in Les Chorals pour orgue de J.S. Bach).

« Fais briller en nous ta lumière,
répands l’amour en nos coeurs,
soutiens la faiblesse de nos corps
par ton éternelle vigueur. »
 (Veni Creator)

Cet extrait du Veni Creator est illustré par deux pièces du répertoire vocal qui se rejoignent dans les thèmes littéraires qu’elles abordent, et celui-ci en particulier : le pouvoir de la lumière sur l’obscurité. Tout d’abord, à la communion, Clara Inglese et Benoît Mernier interprètent « Loosin Yelav », un extrait des Folksongs de Luciano Berio. Dans ce chant en arménien qui prend sa source dans la tradition populaire, la lune est mise à l’honneur, dont la lumière « éclaire brillamment la terre » dans la nuit. La métaphore semble ici parler d’elle-même. 

Ensuite, et pour finir, Maria Portela Larish, accompagnée également par Benoît Mernier, chante « Nachtlied », de Félix Mendelssohn, sur un poème du romantique allemand Eichendorff, bien connu des compositeurs de son époque, qui s’en sont inspirés à maintes reprises. Et pour cause, l’imaginaire que propose la poésie romantique offre une infinité d’interprétations : Alors debout, cher rossignol / Et toi cascade à l’écho cristallin ! / Nous louerons Dieu ensemble, / Jusqu’à ce que brille le lumineux matin ! La spiritualité qui se dégage du poème n’en est que plus authentique, et peut se révéler être une expérience autant universelle que personnelle. 

Prenez soin de vous !

Bien cordialement,

L’équipe musicale

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