Homélie pour la fête de l’Epiphanie

Chères amies,

Chers amis,

Nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Épiphanie du Seigneur. L’Épiphanie est la manifestation de Jésus comme Messie d’Israël, Fils de Dieu et Saveur du monde aux mages venus d’Orient. Ces mages, chez l’évangéliste Mathieu, représentent les nations païennes qui accueillent le salut donné par Dieu à travers la naissance de son Fils.

Les mages cherchaient le Messie grâce à la lumière d’une étoile. Le thème de la lumière est très important dans la liturgie d’aujourd’hui. Le prophète Isaïe, dans l’extrait de la première lecture, encourage le peuple revenu de l’Exile en Babylone à sortir de l’ombre du découragement pour se tourner vers la lumière du Seigneur : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît. » (Is 60, 1-2).

Dans la deuxième lecture, Saint Paul ne parle pas de lumière mais de la révélation d’un mystère. Le « mystère » dont il est question ici ne fait pas référence à un secret ou à quelque chose cachée que Dieu garderait jalousement pour lui ; au contraire, Dieu dévoile, manifeste à travers son Fils ceci : toutes les nations sont associées au même héritage, au partage de la même promesse de salut.

Tous ceux qui étaient supposés de reconnaître la venue du Messie à travers les Écritures, à savoir les grands prêtres et les scribes du peuple, ne se sont pas mis en route vers Bethléem et évidement, ils n’ont pas rencontré l’enfant à la crèche, et cela malgré la lumière de cette étoile et l’annonce de la naissance du roi des Juifs. Mais les mages se sont laissé guider par cette lumière et ils ont trouvé l’enfant. Si l’on regarde bien, cette rencontre changera leur vie : « avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. » (Mt 2, 12).

En cette fête de l’Épiphanie, nous sommes invités à nous laisser guider par la lumière du Christ, manifestée à toutes les nations. Que cette lumière transforme notre vie ; que nous puissions regagner « notre pays, notre chez-soi, notre vie quotidienne » non pas par le même chemin (comme si rien n’était arrivé) mais par un autre chemin, le chemin de la conversion du cœur.

Bonne fête de l’Épiphanie !

Abbé Mario Rosas

Responsable de l’Unité Pastorale Bruxelles Centre