Homélie du dimanche 24 janvier 2021

CONVERTISSEZ-VOUS ET CROYEZ A L’EVANGILE

HOMELIE POUR LE TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE DE L’ANNEE B

Mc 1, 14-20

Chers frères et Sœurs, ce dimanche est pour nous le point culminant de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Depuis 1908 ce temps fort œcuménique rassemble des chrétiens de toutes confessions du 18 au 25 janvier. Nous sommes tous invités à demander à Dieu ce grand don. L’unité des chrétiens est un fruit de la grâce de Dieu et nous pouvons nous disposer à l’accueillir avec un cœur généreux et disponible.

L’Evangile nous parle de la conversion. Jésus invite Simon et André, Jean et Jacques à une nouvelle vision de la vie. Les années qui leur restent seront consacrées aux autres : «Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes».

Une des dimensions essentielles de la vie chrétienne est de porter du fruit, de bien utiliser les années qui nous sont données. Notre vie est un «pèlerinage et nous sommes de passage. Nous vivons au temps de la «paroikia», c’est à dire du pèlerinage. Les mots «paroisse» et «paroissiens» sont des dérivés de cette expression grecque.

Nous sommes ici de façon transitoire et le provisoire fait partie de notre vie. Du moment de la conception jusqu’à la mort, nous devons continuellement nous désinstaller pour aller de l’avant : après neuf mois dans le sein de notre mère, il y a la naissance, suivie de la petite enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte, du temps de la retraite, de la période de vieillesse… Nous devons continuellement nous repositionner et nous réadapter à une réalité nouvelle. Dans l’évangile, le Seigneur désinstalle ses quatre disciples et les recentre sur les gens autour d’eux. Ils deviennent des «pêcheurs d’hommes».

Les trois lectures nous parlent du temps qui passe : «Encore 40 jours et Ninive sera détruite». Jonas avait pris un autre chemin trouvant la mission trop difficile. La baleine se charge de le ramener à la mission. Il nous arrive aussi d’être avalés par la baleine du quotidien qui nous ramème à la mission donnée par le Christ. La baleine du quotidien est celle du besoin spirituel des chrétiens d’ici, celle aussi de l’appel de Jésus dans le contexte de société où nous vivons. La baleine nous renvoie à Ninive, la misison du Christ aujourd’hui. Nous sommes invités sur la mer de la conversion.

«Le temps se fait court et il faut replier les voiles pour entrer au port» dit S. Paul, et Jésus ajoute : «Les temps sont accomplis et le Règne de Dieu est tout proche».

À travers les siècles, le temps a toujours été un sujet de conversation très populaire. Ovide écrivait : «Le temps est un animal féroce qui dévore tout… la jeunesse, la santé, les richesses, la force physique, les projets les plus chers…».

Sur les clochers des églises du Moyen Âge, on inscrivait la phrase suivante : «Il est plus tard que tu ne penses». «Tuer le temps! C’est ce que l’être humain essaye toujours de faire. Mais à la fin, c’est le temps qui nous tue.» (H. Spencer). «Le temps passe vite, on ne le voit pas» (expression populaire).

Dans la Bible, le temps est un élément bon et positif. C’est un don qui nous est offert, c’est un cadeau de Dieu. Les textes de ce dimanche rappellent que pour les habitants de Ninive, pour les disciples du Christ, et pour nous, le temps est une période de grâce qui nous invite à la conversion.

Le Christ nous suggère de commencer le changement par nous-mêmes : «Pour que le monde change, il faut que les individus changent… Convertissez-vous».

Pour vivre dans un monde meilleur il nous faut changer notre perception des choses et «croire à la Bonne Nouvelle», comme l’ont fait Simon et André, Jean et Jacques. «Devenez pêcheurs d’hommes».

À un moment où nous sommes bombardés chaque jour de mauvaises nouvelles par tous les médias, il est important pour tous d’entendre cette vraie Bonne Nouvelle qui transcende non seulement les mauvaises nouvelles mais aussi toutes les autres bonnes nouvelles.

Seigneur, vivant et ressuscité, en ces temps difficiles, nous te prions pour la conversion et l’unité des Chrétiens. Aide-nous à te reconnaître lorsque tu passes par notre vie ! Quand tu viens à notre rencontre à travers la Bible, le témoignage de ton Église ou la voix de notre conscience. Sainte Vierge Marie, nul n’a mieux connu le Seigneur que toi ! Nous t’en prions, aide-nous à reconnaître le bruit de ses pas quand il passe par notre vie ! Amen

Abbé Willy Mirindi Banganga

Coresponsable de l’Unité Pastorale Bruxelles Centre