Homélie du dimanche 21 février 2021

Mc 1, 12-15. Depuis mercredi dernier, l’Église est entrée en carême. A la lumière des lectures que nous venons d’entendre, entrons davantage dans la signification de ce temps liturgique en nous focalisant sur la dimension du jeûne. Le Pape François disait : « Si vous n’êtes pas capables de dominer vos tentations, elles vous domineront » Pape François le 28/2/19. Benoit XVI affirmait également : « Le jeûne est une thérapie pour guérir tout ce qui nous empêche de nous conformer à la volonté de Dieu ». A Saint Augustin de surenchérir: « Le jeûne n’est fondamentalement pas une question d’estomac mais du cœur. Le démon de la gourmandise est étroitement lié aux sept péchés capitaux : orgueil, luxure, colère, gourmandise, avarice, paresse et l’envie. La gourmandise et la paresse vont de pair avec le jeûne. Quand l’esprit de paresse s’en va, l’esprit de maîtrise de soi apparait »

Chers frères et sœurs,

Quand tout va bien, que Dieu est présent dans nos vies, qu’il y a plein d’amour et de joie, nous n’avons pas besoin de jeûner. Le Christ disait aux Pharisiens que ses apôtres n’avaient pas à jeûner «aussi longtemps que l’époux était avec eux».

Par contre, il est bon de jeûner lorsque le monde ne tourne pas rond, lorsque nous ne vivons pas l’idéal auquel le Christ nous a appelés :

– lorsque nous remplaçons Dieu par nos veaux d’or, nos dogmes économiques, nos égoïsmes nationaux;

– lorsque les conflits familiaux conduisent à la violence, à la haine, à la rupture et que les enfants en souffrent;

– lorsque les jeunes sont privés d’éducation chrétienne;

– lorsque l’on refuse le pardon à ceux et celles qui nous ont offensés;

– lorsque le taux de suicides chez les jeunes est plus élevé chez-nous surtout en cette période de pandémie à la covid 19;

– lorsque des millions de personnes âgées souffrent de solitude et d’abandon.

Le jeûne peut prendre plusieurs visages et plusieurs formes :

– il y a bien sûr le jeûne de nourriture…un peu tous les jours, ou deux ou trois fois par semaine;

– le jeûne de télévision, de magasinage inutile, de loisirs extravagants;

– le jeûne qui nous aide à partager financièrement avec ceux qui vivent dans la misère;

– le jeûne qui nous invite à faire du bénévolat, à faire notre part pour la communauté à laquelle nous appartenons.

Le jeûne dont parle le Seigneur est un appel à la conversion. Il nous aide à revenir vers Dieu en essayant de répondre aux promesses de notre baptême.

Le jeûne est une pratique tournée à la fois vers le passé, vers le présent et vers l’avenir. Vers le passé dans la reconnaissance de nos fautes contre Dieu, les autres et nous-mêmes ; vers le présent en ouvrant les yeux sur la réalité de notre état de pécheur ayant besoin de toute la miséricorde du Christ, vers l’avenir en accueillant en confiance la force de Dieu pour renouveler notre vie et améliorer notre communion avec tous ceux qui nous entourent, avec tout le peuple de Dieu, c’est à dire avec tous les hommes, cela bien entendu dans le concret et le quotidien de notre vie.

Seigneur, viens changer nos cœurs. Que le jeûne soit pour nous un vrai moyen de nous sacrifier et de te rencontrer. Être proche de toi est le but de ce Carême pour pouvoir mourir à nous-mêmes et ressusciter avec toi. Gloire et louange à Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Abbé Willy Mirindi Banganga

Coresponsable de l’Unité Pastorale Bruxelles Centre