Homélie du dimanche 10 janvier, le baptême de notre Seigneur

Mc 1, 7-11. Depuis Noël, nous allons de révélation en révélation. La nuit de Noël, c’était la bonne nouvelle annoncée aux bergers, des pauvres, des exclus. Dimanche dernier, nous avons fêté l’Epiphanie. Cette fête c’est celle de la bonne nouvelle annoncée à toutes les nations et toutes les races. Aujourd’hui, c’est le baptême du Seigneur qui vient clôturer la période de Noël. Dans ce récit du baptême de Jésus, je retiendrai une expression ; C’est que quand Jésus sort de l’eau du Jourdain, les cieux s’ouvrent. St Marc est encore plus fort en disant : les cieux se déchirent. Ça veut dire que le ciel était fermé. Comment est-ce que le ciel était fermé ? Par le péché de l’homme au paradis terrestre. Au paradis terrestre il y avait un canal entre Dieu et l’homme et chaque soir, la bible nous raconte avec cette poésie extraordinaire comment Dieu venait parler à l’homme et à la femme le soir, à la brise du soir. Mais par le péché tout ceci est coupé, et aujourd’hui que Jésus est descendu. Il est Dieu descendu du ciel. Et à ce moment-là de son baptême, la communication est rétablie avec le ciel. Le ciel de nouveau va s’ouvrir et de nouveau je peux parler à Dieu à travers le Christ. Donc, la vie du Père coule dans le Fils, et maintenant par le baptême, la vie de Dieu coule sur l’humanité. Et par mon baptême, elle coule dans mon cœur. Sur les bords du Jourdain, non seulement Jésus rétablit le contact avec Dieu, mais il pose un geste de solidarité profonde avec chacune et chacun d’entre nous. Il prend place dans la file des pécheurs et pécheresses qui veulent se convertir. Il est notre frère qui partage notre condition humaine, avec toutes ses joies et toutes ses souffrances. Cette révélation d’un Dieu solidaire fait suite à celle de la naissance de Jésus à Bethléem, où l’évangéliste nous présente le petit enfant comme l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous, Dieu pour-nous.

Dans le texte parallèle du baptême de Jésus, saint Luc nous invite à réfléchir sur notre propre baptême (Lc 315-16.21-22). Nous avons été baptisés au moment où notre famille était en prière. Le ciel s’est ouvert et l’Esprit Saint est descendu sur chacun et chacune d’entre nous. L’eau de notre baptême est beaucoup plus une source de fécondité qu’un rituel de purification. Elle nous donne une nouvelle vie, une vie en abondance : «Je vous aspergerez d’une eau pure…, je vous donnerai un coeur nouveau et mettrai en vous un esprit nouveau», disait le prophète Ézéchiel. Ez 3625-26

Au cours de notre existence, il y a souvent de nouveaux départs : la fin des études, la première carrière, le jour du mariage, la naissance d’un enfant. Le baptême est l’un de ces nouveaux départs, il est la manifestation d’une nouvelle étape dans notre vie. Il faut assumer notre baptême, comme le dit saint Paul, afin «d’éviter de laisser éteindre l’Esprit», (1Thes 5,19).

Le baptême est un appel à suivre le Christ. Dans les premiers temps de l’Église, cet appel était tellement sérieux que ceux et celles qui n’étaient pas nés dans une famille chrétienne devaient s’inscrire à une période de préparation qui durait trois ans. Les candidats devaient prouver leur sincérité et vivre comme Jésus dans la prière et les bonnes oeuvres. Ils devaient aussi présenter des témoins qui professaient publiquement de leur capacité de devenir chrétiens

Comme Jésus, nous pouvons voir le ciel s’ouvrir et l’Esprit Saint descendre sur nous, pour accomplir en nous son oeuvre. Trois questions : Qu’avons-nous fait de notre baptême ? Est-ce que nous sommes prêts à laisser couler la vie de Dieu dans les hommes et les femmes que nous rencontrons ? Est-ce que nous sommes prêts à accueillir l’amour de Dieu ? Laissez couler dans vous, dans votre cœur le corps, le sang, la vie et l’amour de Jésus. Nous avons besoin de nous laisser baptiser, de nous laisser plonger dans cette vie de Jésus jour après jour.

Seigneur Jésus, je viens à toi assoiffé de ton eau vive. Je me penche sur ton Cœur pour m’abreuver de la vraie vie. Je ne suis qu’un vase qui ne demande qu’à être empli de ta bonté, de ta lumière, de tes pensées, de tes désirs, de ton amour. Gloire et louange à Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Bonne fin de la période de Noël et bon début du temps liturgique ordinaire !

Abbé Willy Mirindi Banganga

Coresponsable de l’Unité Pastorale Bruxelles Centre