Homélie de l’abbé Mario Rosas pour le dimanche de la Pentecôte, 31 mai 2020

« Répands les dons du Saint Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans les coeurs des croyants l’oeuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication évangélique. »

Extrait de la prière d’ouverture de la messe du dimanche de la Pentecôte

Chers amis,

Le mot « Pentecôte, le jour de la Cinquantaine » indique que la fête célébrée ce jour-là a lieu cinquante jours après la Pâque.

L’objet de cette fête a évolué au cours de l’histoire d’Israël. Pour l’Ancien Testament, elle était originellement une fête agricole connue sous le nom de la fête de la Moisson. À cette occasion, on offrait les prémices de ce que la terre avait produit ; il était question de l’offrande des prémices de la première récolte. Puis, elle deviendra la fête de l’anniversaire du don de la Loi et de l’Alliance conclue au Sinaï, cinquante jours après la sortie d’Égypte.

Pour le Nouveau Testament, la Pentecôte évoque un autre sens, tout en gardant une continuité avec l’Ancien Testament. Cette fête était si importante à l’époque de Jésus, qu’elle rassemblait à Jérusalem des foules juives venant de nombreux pays en pèlerinage. Tel sera le cadre du don de l’Esprit Saint avec les signes qui l’accompagnent, c’est-à-dire les manifestations de la présence de Dieu (le vent, le feu, le don des langues). C’est la théophanie, très chère à l’Ancien Testament, que saint Luc n’a pas oublié de mettre en lumière lors du récit de la Pentecôte, dans l’extrait de la première lecture des Actes des Apôtres.

Dans la deuxième lecture, en parlant justement du don de l’Esprit Saint, saint Paul rappelle à la communauté de Corinthe que ce don n’est pas pour le bénéfice privé de chacun. Il dit ceci : « à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien ». (1 Cor 12, 7). Du chapitre 12 au 14, dans la première épître aux Corinthiens, Paul fait une remise en ordre des charismes, des dons, en rappellent que le plus important est l’amour, la charité. Cela veut dire que les grâces que Dieu offre à chacun en particulier ont été données pour les partager ; jamais quelqu’un ne pourrait les garder pour soi-même ou se les approprier d’une façon égoïste car l’amour ne peut que se donner.

Nous pouvons comprendre alors que le jour de la Pentecôte, lorsque les Apôtres se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer, cela ne fut pas un don pour eux mais en vue du bien de l’Église et de toutes les nations se trouvant à Jérusalem. Parler d’autres langues, chez saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres, signifie faire entendre dans la langue des autres le massage du salut, c’est à dire l’annonce de la bonne nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus. Immédiatement après, nous verrons effectivement saint Pierre prononcer le premier discours apostolique et ensuite les premières conversions. (Cf. Ac 2, 14-41).

Les dons et les grâces venant de Dieu nous ont été offerts en vue du bien des autres. En tant que baptisés, nous sommes envoyés en mission, tout comme les premiers disciples de Jésus, pour partager ces dons. « Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ». (Jn 20, 21-22).

Qu’en cette fête de la Pentecôte, l’Esprit Saint nous pousse à raconter aux autres les merveilles de Dieu. Peu importe leur nationalité, peu importe leur situation sociale, peu importe leur idiome, l’Esprit fera le reste pour qu’ils entendent dans leur propre langue les merveilles que Dieu a accomplies dans nos vies. Donnant ainsi le souffle de la nouvelle création qui est là !

Sainte fête de la Pentecôte !

Abbé Mario Rosas

Responsable de l’Unité Pastorale Bruxelles Centre

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