Homélie de l’abbé Mario Rosas pour le 7ème dimanche de Pâques, 24 mai 2020

« Exauce-nous, Dieu notre Sauveur : que notre communion au mystère du salut nous confirme dans cette assurance que tu glorifieras tout le corps de l’Eglise comme tu as glorifié son chef, Jésus le Christ ».

Prière après la communion de la messe du 7ème dimanche de Pâques

Chères amies, chers amis,

« En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17, 1b-3). L’heure de la glorification réciproque entre le Père et le Fils est arrivée selon Jésus. Parler de l’heure et de la glorification peut nous sembler très étrange et même incompréhensible. Mais, chez saint Jean, ces deux thèmes sont très importants pour sa théologie et pour développer le message qui sera transmis aux lecteurs.

L’heure, chez le quatrième évangéliste, ne relève pas de l’ordre chronologique mais théologique, c’est-à-dire que ce terme dit ou révèle quelque chose sur Dieu ou sur son action (nous le verrons aussi avec la gloire). Tout comme le temps de la visite de Dieu à son peuple ou le jour de son salut, l’heure marque l’étape de l’accomplissement décisif de l’œuvre du salut. Cette volonté de Dieu pour sauver l’homme, Jésus la fait sienne : « Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue » (Jn 2, 1-4). Il l’a fait sienne en parlant d’elle comme de son heure. Le mot heure désigne donc le moment de la manifestation de la gloire divine de Jésus, le moment du salut.

Voyons maintenant brièvement le mot gloire. Au sens biblique, la gloire d’une personne n’est pas à confondre avec sa renommée ou sa reconnaissance par les autres. Elle implique plutôt l’idée de poids, de valeur. Dans ce sens, la gloire de Jésus va se manifester à travers son obéissance jusqu’à la croix. C’est ainsi que le Fils glorifiera le Père en manifestant au monde son amour qui va jusqu’à l’abaissement de la croix. C’est sur la croix, que Jésus manifestera la splendeur de l’amour de Dieu pour les hommes.

À l’heure où Jésus a été glorifié sur la croix, il a associé ses disciples à sa condition. Ils ont reçu la vie éternelle comme un don gratuit venant de Dieu : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. En suivant cette logique, nous pouvons alors comprendre les paroles de l’apôtre saint Pierre, dans la deuxième lecture, lorsqu’il invite les chrétiens à communier aux souffrances du Christ : « que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là » (1 P 4, 15-16). Les chrétiens, à qui cette lettre fut adressée, ont dû affronter la persécution et même la mort à cause du nom du Christ. Paradoxalement, c’est dans ces conditions qu’ils ont fait aussi l’expérience de l’heure de la manifestation de la gloire de Dieu car ils ont reçu la vie éternelle donnée par Jésus : « bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera » (1 P 4, 13).

Puissions-nous aujourd’hui participer à la vie divine de notre Seigneur en goûtant à la communion de toute l’Église, tout comme les premiers disciples : « tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14). Que Marie, en ce mois qui lui est consacré, prie pour nous. Elle qui a toujours communié aux souffrances de son propre Fils, près de la croix, le lieu où se manifesta la gloire de Dieu. Amen.

Bon dimanche !

Abbé Mario Rosas

Responsable de l’Unité Pastorale Bruxelles Centre

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