Homélie de l’abbé Mario Rosas pour le 6ème dimanche de Pâques, 17 mai 2020

« Que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire reste présent dans notre vie et la transforme »

Extrait de la prière d’ouverture de la messe du 6 ème dimanche de Pâques

Chères amies, chers amis,

L’extrait de l’évangile de ce dimanche, chez saint Jean, se situe dans le même contexte que celui de dimanche passé, à savoir le départ de Jésus vers son Père et la perspective d’une hostilité grandissante. Il est donc question d’une invitation à placer et à mettre sa confiance dans le Père et dans le Fils. Aujourd’hui nous voyons l’interaction entre le Père et le Fils afin d’envoyer chez les disciples un Défenseur : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jn 14, 16).

La traduction liturgique nous présente le substantif « défenseur » mais le texte grecque met en exergue plutôt paracletos (παράκλητος) qui signifie « celui qu’on appelle à son secours » ou « celui qui intercède », d’où les substantifs « avocat », « défenseur », « intercesseur ». L’évangéliste a voulu emprunter au vocabulaire juridique de son époque le mot paraclet pour l’appliquer à l’Esprit et montrer ainsi le rôle clé que Celui-ci va jouer dans la vie de l’Église. Car celle-ci sera persécutée et accusée à travers les disciples mais selon les paroles de leur Maître, le Paraclet sera pour toujours avec elle pour l’aider et la défendre.

Paradoxalement, l’assistance venant du Paraclet ne peut se réaliser qu’avec la participation libre de chaque membre de l’Église. Tout comme un avocat de l’époque et même d’aujourd’hui, le Paraclet ne peut rien faire sans notre consentement ni notre appel. L’apôtre saint Pierre nous rappelle cela, dans la deuxième lecture de la liturgie dominicale d’aujourd’hui, lorsqu’il invite la communauté chrétienne à être confiante devant la persécution : « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect » (1 P 3, 15b). Cette espérance est en nous pour toujours selon la promesse de Jésus : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous ».

L’action de l’Esprit Saint ne peut se faire sans notre consentement ni notre initiative. Dans la première lecture, nous verrons Philippe évangéliser la Samarie et cela à cause/ou grâce à la persécution qui éclata à Jérusalem. Rappelons-nous que Philippe avait été choisi pour être l’un des Sept, chargés du service des tables des veuves à Jérusalem, pour que les Apôtres puissent continuer d’assurer la prière et le service de la Parole. Ce même Philippe, nous le retrouverons donc en train de prédiquer le Christ en Samarie, baptisant l’eunuque éthiopien et annoncant la Bonne Nouvelle jusqu’à Césarée où saint Paul, plus tard, lors de sa montée vers Jérusalem, l’appellera « Philippe l’Évangéliste, un des Sept » (Ac 21,8).

En ce dimanche, grâce à la belle image de ce disciple, la Parole de Dieu nous invite à être attentifs aussi à la présence et à l’action de l’Esprit Saint dans notre vie quotidienne. Dans sa mission reçue des Apôtres, Philipe a su être docile à l’inspiration de l’Esprit et en même temps, il a su prendre des initiatives tout en restant en lien avec ceux qui lui avaient imposé les mains. Saint Luc nous raconte que « les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean » (Ac 8, 14). En effet, Pierre et Jean y ont imposé les mains à tous ceux qui avait été baptisés et ceux-ci reçurent l’Esprit Saint. Par ce geste d’imposition des mains, les Samaritains baptisés ont reçu le même Esprit Saint donné à l’Église de Jérusalem, tandis que la mission de Philipe reçoit son caractère pleinement apostolique. Philipe s’est senti libre devant la persécution en « innovant » sa mission en Samarie, sans perdre pour autant le lien avec l’Église à Jérusalem. Puissions-nous aussi en cette période, être inventifs tout en gardant le lien avec notre Église et en nous laissant aider par le Paraclet.

Bon dimanche !

Abbé Mario Rosas

Responsable de l’Unité Pastorale Bruxelles Centre

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