Lorsque pour la première fois, à l’occasion de la Pentecôte en 1996, j’ai été requis comme organiste à la paroisse Notre-Dame Immaculée, je fus surpris de constater que l’orgue ne fonctionnait plus. Une situation qui perdurait depuis de nombreuses années déjà. Mais j’ai eu le bonheur d’y rencontrer l’abbé Jean-Luc Blanpain. Un curé attentif à toutes les réalités vécues de son quartier, un prêtre cultivé par ailleurs conscient de la dimension supplémentaire qu’un orgue restauré apporterait à la liturgie. Il aborda presque immédiatement la question de la remise en état de l’orgue : un point qui avait déjà été mis à l’ordre du jour de la Fabrique d’Eglise, au même titre que la remise en peinture de l’église. Les choses furent donc rapidement mises en route et l’asbl Voce et Organo édita, en décembre 1997, un avant-projet pour la restauration de l’orgue.
Après avoir reçu l’aval des autorités compétentes, le dossier fut transmis à trois facteurs d’orgues néerlandophones et trois facteurs d’orgues francophones avec une demande de remise de prix. La Fabrique d’Eglise attribua le marché à M. Hadrien Paulus, jeune facteur d’orgue installé à Liège. Le projet reçu ensuite l’aval de la Fondation Roi Baudouin, ce qui permit d’accorder l’exonération fiscale aux généreux donateurs qui ont bien voulu soutenir la réalisation de ces travaux.
A la demande de la Fabrique d’Eglise, les travaux furent répartis en plusieurs étapes successives, entre 1999 et 2001. Cette façon de faire permit non seulement d’étaler les dépenses liées à la restauration de l’orgue mais aussi de coordonner la restauration de l’instrument et les travaux de peinture de l’église.
Historique et description de l’orgue
Financé par la générosité d’un donateur resté anonyme, l’orgue de la paroisse Notre-Dame Immaculée du Jeu de Balle a été construit par le facteur d’orgues bruxellois Jean-Emile Kerkhoff et fut inauguré le 1er octobre 1917 par Edmond Wyckmans, organiste de la paroisse et Premier Prix d’orgue du conservatoire de Gand.
Il nous est parvenu dans un état de conservation très proche de l’état d’origine : depuis sa construction en 1917, la composition de l’orgue est restée inchangée et hormis quelques travaux, aucune partie vitale de l’instrument n’a été modifiée ou remplacée.
Il est constitué de deux claviers de 56 touches et d’un pédalier de 30 marches avec 16 registres au total dont deux en transmission au pédalier. La console séparée est tournée vers le choeur de l’église. La transmission est mécanique à la console, puis pneumatique tubulaire selon le brevet Kerkhoff.
Arnaud Van de Cauter