Entre les places du Petit et du Grand Sablon, le long de la rue de la Régence, s’élève un des plus beaux joyaux du patrimoine religieux gothique bruxellois : l’église Notre-Dame des Victoires au Sablon.

Il s’agit à l’origine d’une chapelle édifiée par la gilde, le serment des arbalétriers, en l’honneur de Notre-Dame, au 14e siècle.

L’arrivée dans le sanctuaire d’une Vierge miraculeuse, qui le transforme en centre important de pèlerinages, incite les arbalétriers à remplacer la chapelle par une église vaste et somptueuse.

Sa construction s’étalera sur tout le 15e siècle. Elle marque, dans la série des églises gothiques bruxelloises, le stade final de l’évolution du style original. L’élancement des piliers et des fenêtres du chœur lui confère une élégance toute particulière et permet de très beaux effets lumineux. Les colonnes de la nef portent chacune une statue d’apôtres exécutées par Tobias de Lelis (17e siècle).

L’église abrite deux chapelles construites en 1651 par les princes de Tour et Taxis, originaires de Bergame. Elles se situent de part et d’autre du chœur. La chapelle de droite est dédiée à St Maclou (ou Malo) et celle de gauche à Sainte Ursule. Cette dernière renferme le caveau de famille des Tours et Taxis (19 personnes), fondateurs de la première Poste européenne. L’accès de ces deux chapelles est somptueusement décoré par différentes sculptures exécutées en marbre par les plus grands artistes de l’époque, à savoir Luc Fayd’herbe et Gabriel Grupello.

Au centre de la nef, nous découvrons une superbe chaire de vérité due au ciseau du maître Marc de Vos, sculpteur bruxellois, exécutée en 1697. A sa base nous observons les symboles des quatre évangélistes. Ils portent la tribune ornée d’un médaillon de la Vierge et l’Enfant entouré de ceux de saint Thomas d’Aquin et de saint Thomas de Villeneuve.

De chaque côté de la tribune deux très belles statues de saint Paul, à gauche, et saint Augustin à droite. Nous admirons la beauté et la solidité du matériau employé ainsi que la finesse et la précision du travail. A proximité de la chaire, une plaque qui rappelle que le grand poète français Paul Claudel venait chaque jour prier à cet endroit.

L’église abrite également de nombreux monuments funéraires de très grande qualité notamment celui de Flaminio Garnier, véritable chef-d’œuvre de la Renaissance. La légende de la Vierge miraculeuse transportée d’Anvers à Bruxelles, l’accueil respectueux qui lui est réservé par le duc Jean III, son fils Henri, le magistrat, les métiers et les arbalétriers, et son transport en grande pompe à l’église du Sablon sont à l’origine de l’Ommegang qui voit le jour en 1359 mais s’amplifie au cours des siècles, entre autres par la représentation de la cour de Charles Quint précédée de celle de l’Ordre de la Toison d’Or, ce qui apporte au cortège une dimension historique plus développée.

La procession se termine par des jeux, danses et divertissements avec les manieurs de drapeaux, les échasseurs, … dans le merveilleux décor de la Grand’Place (à voir chaque année le premier jeudi de juillet et le mardi qui le précède).

Un lieu d’église aujourd’hui dans la ville
Si l’église Notre-Dame au Sablon est encore aujourd’hui l’église capitulaire de nombreuses associations (Serments des Arbalétriers, Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre, confréries St Yves, St Hubert, Ste Wivine…), elle est surtout pour nombre de chrétiens une paroisse d’adoption.